L'essentiel en 30 secondes

Ce dossier a l'air de ne concerner que les opérateurs, et c'est précisément pour ça qu'il passe inaperçu. Il porte sur le loyer qu'un opérateur facture à un concurrent pour accrocher ses antennes sur son mât — autrement dit, sur le coût d'entrée de toute nouvelle couverture mobile en Belgique.

Voici les cinq points à retenir avant d'entrer dans le détail.

  • Le partage des pylônes est obligatoire en Belgique : un opérateur qui possède un support doit y accueillir ses concurrents à des conditions raisonnables et non discriminatoires, et tous doivent utiliser les mâts existants plutôt que d'en construire de nouveaux.
  • Mais le prix de cette place n'a jamais été chiffré par le régulateur. La loi décrit une formule de coûts ; elle ne dit pas jusqu'où la facture peut monter.
  • L'IBPT veut combler ce vide : son projet de décision fixera la méthode de calcul, la liste des coûts qui peuvent ou non être répercutés, et le niveau de la redevance.
  • Le premier concerné est le quatrième opérateur. DIGI construit son propre réseau tout en louant celui de Proximus : chaque euro de loyer de pylône se transforme en mois de retard ou en mois d'avance sur sa couverture.
  • Rien ne bougera sur votre facture cette année. C'est une décision de gros, entre opérateurs : elle agit sur la couverture et sur la concurrence, pas sur le prix affiché de votre abonnement.

La suite détaille ce qui est exactement mis en consultation, pourquoi la loi de 2005 ne suffisait plus, et à quel endroit précis de votre vie d'abonné ce dossier finit par se voir.

Ce que l'IBPT met exactement sur la table

Le régulateur belge ne publie pas une décision : il publie un projet de décision et demande au secteur de réagir avant de le figer. C'est la procédure normale, et elle est ouverte à tous — pas seulement aux opérateurs. N'importe quelle organisation, association de consommateurs comprise, peut y répondre par e-mail.

Le document porte un intitulé technique qui explique pourquoi personne n'en a parlé : « projet de décision concernant la redevance pour l'utilisation partagée d'un site d'antenne », assorti du terme de métier « r-layer ». Derrière ce vocabulaire, une question très simple : combien coûte une place sur un mât ?

Identité de la consultation publique de l'IBPT sur la redevance de partage d'un site d'antenne
Élément Ce que dit le document officiel
Objet La redevance pour l'utilisation partagée d'un site d'antenne — le loyer qu'un opérateur peut réclamer à un concurrent.
Référence Consult-2026-B5
Ouverture 24 juillet 2026
Date limite de réponse 1er octobre 2026, clôture le 2 octobre.
Comment répondre Par e-mail à [email protected], avec le formulaire de garde, en identifiant les passages confidentiels.
Ce que la décision fixera La méthode de calcul, les coûts qui peuvent ou non être inclus, et le niveau de la redevance.

Une précision de lecture utile si vous allez vérifier vous-même : l'aperçu des consultations, en page d'accueil du site de l'IBPT, affiche encore le 17 septembre 2026 comme échéance, alors que la fiche complète du document annonce le 1er octobre. C'est cette dernière qui fait foi — mais si vous comptez répondre, ne jouez pas avec la différence.

Pourquoi une consultation, et pas un arrêté
Parce que l'IBPT ne fixe pas un prix de marché : il arbitre entre des coûts réels que seuls les opérateurs connaissent. La consultation sert à obtenir ces chiffres — et à les faire contester par ceux qui les paient. Source : IBPT, consultation Consult-2026-B5.

« Raisonnable » : le mot qui tient depuis 2005

Le partage des sites d'antennes n'est pas une nouveauté réglementaire : il figure aux articles 25 à 28 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques — la même loi qui, à ses articles 108 à 110, oblige votre opérateur à vous signaler chaque année un abonnement moins cher. Le principe y est double : les opérateurs doivent accrocher leurs antennes sur des supports existants chaque fois que c'est possible, et celui qui possède le support doit offrir la place « à des conditions raisonnables et non discriminatoires ».

La loi va même plus loin qu'on ne le croit : elle décrit la structure de la redevance. Ce qu'elle ne fait pas, c'est la borner.

La formule que la loi donne déjà

Selon le texte, la redevance couvre le coût global du site : les frais directs d'acquisition du terrain, ainsi que les coûts réels de construction et d'entretien, majorés d'un pourcentage égal au coût moyen pondéré du capital de l'opérateur qui concède le partage. Et si accueillir un concurrent impose de renforcer la structure, ces travaux sont à charge des opérateurs qui les rendent nécessaires, selon des modalités raisonnables, proportionnelles et non discriminatoires.

Sur le papier, c'est net : un prix de revient, plus une rémunération du capital immobilisé. Le principe même n'est pas contesté par le secteur.

Les trois questions que la loi laisse ouvertes

Dans la pratique, chacun de ces mots est une négociation. Quels coûts d'entretien sont réellement imputables à l'occupant, et lesquels relèvent de l'exploitation normale du site ? Sur quelle durée d'amortissement étale-t-on la construction d'un mât, qui peut rester debout trente ans ? Et quel coût du capital retient-on, sachant qu'il n'est pas le même pour un opérateur historique et pour un fonds d'investissement ?

Un même pylône peut donner lieu à deux factures très différentes selon les réponses — et c'est exactement ce que le projet de décision vient trancher.

Le détail qui change tout
Une redevance de partage trop élevée ne bloque pas seulement un concurrent : elle le pousse à construire son propre mât à côté. Plus de pylônes, plus de permis, plus de recours de riverains, et une couverture qui avance moins vite pour tout le monde. L'objectif affiché de la loi belge — limiter le nombre de supports — dépend donc directement du prix que l'IBPT s'apprête à fixer.
Actuellement fermé

Quel opérateur capte réellement à votre adresse ?

Réseau, couverture intérieure, prix réel de l'abonnement : un expert télécom de CallMePower fait le point gratuitement avec vous, sans engagement et sans jargon.

Gratuit Sans engagement 472 offres comparées

Appelez maintenant

02 588 59 37

Lun-ven 8h-19h · sam 9h-18h

On vous rappelle

Laissez votre numéro, un expert vous rappelle.

Publicité – Service de comparaison gratuit CallMePower

Qui possède vraiment les pylônes belges

On compte quatre marques de réseau mobile en Belgique, mais bien moins d'infrastructures : les opérateurs ont passé des années à mutualiser leurs mâts, et l'un d'eux a carrément vendu les siens. Comprendre qui détient quoi explique pourquoi une décision sur une redevance de location pèse aussi lourd.

Voici la carte des acteurs, et ce que chacun a à gagner ou à perdre dans le chiffrage à venir.

Les détenteurs d'infrastructures d'antennes mobiles en Belgique et leur intérêt dans la redevance de partage
Acteur Ce qu'il détient Son intérêt dans le dossier
MWingz (Orange + Proximus) Le réseau d'accès mobile mutualisé des deux opérateurs, exploité en commun depuis le 1er avril 2020 : pylônes, antennes et stations de base. Les deux partenaires sont bailleurs : une redevance encadrée plafonne ce qu'ils peuvent facturer aux autres.
Belgium Tower Partners Les 3 326 sites repris à Telenet le 1er juin 2022 par l'américain DigitalBridge, dont 2 162 en pleine propriété — le premier gestionnaire de pylônes indépendant du pays. Son métier est la location de places sur des mâts : le niveau de la redevance est son chiffre d'affaires.
DIGI Un réseau en construction, concentré sur Bruxelles, Gand, Charleroi et Liège, doublé d'un accord d'itinérance sur le réseau de Proximus. C'est le locataire type : plus la place est chère, plus sa couverture propre coûte cher et arrive tard.
R.I.S.S. asbl Rien, mais elle assure le suivi pratique du partage entre opérateurs ; l'IBPT tient la base des sites et publie la carte publique sites.ibpt.be. Arbitre technique : c'est là que se règlent aujourd'hui les désaccords, faute de barème.

Le cas de Telenet est le plus parlant. En vendant ses mâts, l'opérateur est devenu locataire de son propre réseau, avec un bail de quinze ans reconductible deux fois dix ans et l'engagement d'en faire construire au moins 475 nouveaux. Cette opération a fait entrer en Belgique une logique que le pays ne connaissait pas : des pylônes détenus par un investisseur dont le métier est de les louer, et non par un opérateur qui les a bâtis pour lui-même. Une redevance encadrée n'a pas du tout le même effet sur les deux.

Où ce dossier finit par se voir, pour vous

Soyons honnêtes sur le calendrier : vous ne verrez rien cette année. Une décision de ce type encadre une relation entre opérateurs, pas un prix de détail, et elle n'est même pas encore adoptée. Mais elle agit sur trois choses que vous constatez, elles, très concrètement.

Voici lesquelles, dans l'ordre où elles vous atteignent.

La vitesse de la couverture

Une place de mât abordable, c'est une antenne de plus sur un support existant. Une place trop chère, c'est un mât de plus à faire autoriser — et des mois, parfois des années, de procédure d'urbanisme en plus.

La pression sur les prix

Un quatrième réseau qui se déploie vite est un quatrième réseau qui peut baisser ses tarifs sans se ruiner. L'arrivée de DIGI a déjà tiré le marché belge vers le bas ; la redevance décide de sa marge de manœuvre pour continuer.

Le nombre d'antennes visibles

C'est le paradoxe du dossier : encadrer le loyer des mâts existants, c'est réduire le besoin d'en planter de nouveaux. Les positions de tous les sites belges sont d'ailleurs publiques, sur la carte sites.ibpt.be.

Reste une chose que cette décision ne fera pas : elle n'améliorera pas votre réception à l'intérieur de votre maison, et elle ne changera pas le prix affiché de votre abonnement en 2026. Si c'est ce que vous cherchez, la piste utile est ailleurs — dans le comparateur d'abonnements belges, et dans l'obligation d'information tarifaire dont il est question juste en dessous.

L'autre chantier de l'IBPT, celui qui touche votre facture

La redevance des pylônes n'est pas le seul dossier ouvert cet été. Le régulateur a mené en parallèle une consultation sur l'évaluation d'impact des modifications des articles 108, 109 et 110 de la même loi de 2005 — soit les articles qui régissent l'information tarifaire, l'obligation de vous signaler le plan le plus avantageux, et le contenu de vos factures. Celle-là s'est clôturée le 31 août 2026.

C'est le même corpus juridique, mais l'effet est direct : là où la redevance agit sur la couverture par ricochet, l'article 110 décide de ce que votre opérateur doit vous écrire, chaque année, sur l'existence d'un abonnement moins cher chez lui. Un dossier déjà chaud, puisque Proximus, Orange et Telenet ont attaqué en justice la manière dont l'IBPT veut l'appliquer.

À lire dans la foulée
Nous avons détaillé ce second dossier : ce que l'obligation impose réellement, pourquoi plus d'un Belge sur deux dit ne jamais avoir reçu ce message, et ce que les trois opérateurs contestent devant la Cour des marchés. Tarif le plus avantageux : les opérateurs attaquent l'IBPT en justice.
Actuellement fermé

Vous payez trop pour une couverture que vous n'avez pas ?

Faites le point gratuitement avec un expert télécom de CallMePower : ce que vous payez aujourd'hui, ce que la même chose coûte chez les autres opérateurs belges, et lequel dessert vraiment votre adresse.

Gratuit Sans engagement 472 offres comparées

Appelez maintenant

02 588 59 37

Lun-ven 8h-19h · sam 9h-18h

On vous rappelle

Laissez votre numéro, un expert vous rappelle.

Publicité – Service de comparaison gratuit CallMePower

Vos questions sur le partage des antennes

Qui possède les mâts, qui paie quoi, et ce que la décision de l'IBPT changera vraiment : voici les réponses aux questions que soulève ce dossier. Elles complètent les explications ci-dessus.

C'est le fait, pour un opérateur, d'accrocher ses antennes sur un mât ou un toit qui appartient à un autre opérateur, plutôt que d'en construire un à côté. En Belgique, ce n'est pas une possibilité mais une règle : les articles 25 à 28 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques imposent d'utiliser les supports existants chaque fois que c'est faisable, et obligent le propriétaire du support à offrir la place à des conditions raisonnables et non discriminatoires. En contrepartie, l'occupant verse une redevance.

La loi en décrit la structure : la redevance couvre le coût global du site, c'est-à-dire les frais directs d'acquisition du terrain ainsi que les coûts réels de construction et d'entretien, majorés d'un pourcentage égal au coût moyen pondéré du capital de l'opérateur qui concède le partage. Si accueillir un concurrent impose de renforcer la structure, ces travaux sont à charge des opérateurs qui les rendent nécessaires. Ce que la loi ne dit pas, c'est quels coûts d'entretien sont admissibles, sur quelle durée ils s'amortissent, ni quel coût du capital retenir : c'est précisément ce que l'IBPT met en consultation.

La consultation référencée Consult-2026-B5 a été ouverte le 24 juillet 2026 et les réponses sont attendues pour le 1er octobre 2026, la clôture intervenant le 2 octobre. Elle est ouverte à tous, pas seulement aux opérateurs : les réponses se transmettent par e-mail à [email protected], accompagnées du formulaire de garde, en identifiant clairement les passages confidentiels. Attention : l'aperçu des consultations sur la page d'accueil de l'IBPT affiche encore le 17 septembre 2026, alors que la fiche du document annonce le 1er octobre.

Non, pas directement, et pas en 2026. Il s'agit d'une décision de gros, qui encadre ce qu'un opérateur facture à un autre opérateur, et non le prix de détail d'un abonnement. Son effet est indirect : une redevance encadrée réduit le coût de déploiement d'un réseau, ce qui donne plus de marge à un nouvel entrant pour se développer et pour être agressif sur ses tarifs. Si vous cherchez une économie immédiate, la voie efficace reste de comparer votre abonnement actuel avec le marché et de réclamer à votre opérateur le plan le plus avantageux auquel la loi vous donne droit.

Quatre marques disposent aujourd'hui d'un réseau mobile en propre ou en construction : Proximus, Orange, Telenet et DIGI, le dernier arrivé. Mais le nombre d'infrastructures est plus faible que le nombre de marques : Orange et Proximus exploitent leur réseau d'accès en commun au sein de MWingz depuis le 1er avril 2020, selon un modèle où les antennes et les pylônes sont partagés alors que les fréquences et les cœurs de réseau restent séparés. Tous les autres opérateurs que vous connaissez, de Mobile Vikings à hey!, sont des opérateurs virtuels qui achètent de la capacité sur l'un de ces réseaux.

Non. Le 1er juin 2022, Telenet a finalisé la vente de son activité de pylônes mobiles à l'américain DigitalBridge, pour 745 millions d'euros. L'ensemble, soit 3 326 sites dont 2 162 en pleine propriété, est logé dans une société nommée Belgium Tower Partners, présentée comme le premier gestionnaire de pylônes indépendant du pays. Telenet en est devenu locataire par un bail de quinze ans reconductible deux fois dix ans, assorti de l'engagement de faire construire au moins 475 nouveaux sites.

L'IBPT tient une base de données de tous les sites d'antennes belges, existants et planifiés, alimentée par les déclarations des opérateurs, et en publie une carte publique sur sites.ibpt.be. Le suivi pratique du partage entre opérateurs est assuré par l'association sans but lucratif R.I.S.S., pour Radio Infrastructure Site Sharing. Ces outils vous indiquent où sont les supports ; ils ne mesurent pas la qualité de réception à l'intérieur de votre logement, qui dépend aussi de vos murs et de votre distance à l'antenne.

Aucun sur le fond, mais les deux dossiers relèvent de la même loi du 13 juin 2005 et ont été instruits par l'IBPT au même moment. Le partage des antennes occupe les articles 25 à 28 ; l'information tarifaire, l'obligation de signaler le plan le plus avantageux et le contenu des factures occupent les articles 108 à 110. Une consultation sur l'évaluation d'impact d'une modification de ces trois derniers articles s'est clôturée le 31 août 2026. C'est ce second volet qui agit directement sur votre facture.

Suivez CallMePower dans Google Ajoutez CallMePower à vos sources préférées : nos actualités télécom remonteront plus souvent en tête de vos résultats Google.
Suivre CallMePower